En 1993, suite à une rencontre fortuite avec un jeune roumain hébergé au Petit-Château, François Casier, chef d’entreprise, découvre le monde des réfugiés. Il aide, de diverses façons, des mineurs étrangers non accompagnés. A ce moment-là, le sort des MENA ne préoccupe pas grand monde. Souhaitant développer son action, il prend contact avec le centre de santé mentale Exil. Il aide à la mise au travail d’un jeune Djiboutien et, touché par sa solitude et son besoin d’accompagnement, décide de le parrainer.
Création de Mentor
En 1995, François Casier prend une année sabbatique et, avec Exil, monte un programme de parrainage qui débouchera sur la création de l’asbl Mentor (au sens de quelqu’un qui accompagne dans un voyage, aide à surmonter les obstacles). Le parrainage est conçu comme un accompagnement moral, sans hébergement ni aide financière. En moyenne, deux parrainages sur trois fonctionnent bien : pour les familles belges, il s’agit d’une ouverture au monde extrêmement enrichissante et pour les jeunes, un appui fantastique en termes d’écoute et de soutien.
Création de Mentor-Escale
Au fil de l’expérience, on constate que les parrains se sentent souvent dépassés par les questions d’ordre administratif, social ou même psychologique auxquelles les jeunes sont confrontés lorsqu’ils quittent un centre d’accueil pour aller vivre seul. C’est ainsi que naît l’idée d’un véritable service social.
En 1997, l’asbl Mentor fusionne avec Escale, une association qui héberge une dizaine de réfugiés mineurs non accompagnés. Ce nouveau projet est soutenu par le Ministère de l’Intégration Sociale avec lequel une Convention est signée. Celle-ci est renouvelée chaque année.
Mentor-Escale se développe et peaufine son projet d’accompagnement de jeunes exilés. L’axe communautaire est mis en place, le soutien scolaire est renforcé, un poste de coordination est créé.
Lobbying pour la création d’un système de tutelle pour les MENA
En 1999, Mentor-Escale s’associe avec plusieurs institutions et ONG pour constituer la plate-forme « Mineurs en Exil » dans le but d’échanger leur savoir-faire et mener un travail de lobbying auprès des instances nationales et européennes.
Un des fruits de ce travail est l’approbation, le 24 décembre 2002, de la loi-programme sur la tutelle des mineurs étrangers non accompagnés, dite loi Tabitha. Depuis 2004, année de son entrée en vigueur, les MENA arrivant en Belgique bénéficient d’un tuteur jusqu’à leurs 18 ans.
Actuellement
Mentor-Escale accompagne une centaine de jeunes par an dans leur processus d’autonomisation. L’ASBL travaille en collaboration avec les tuteurs et suit les jeunes jusqu’à leurs 20 ans si nécessaire.
