Je peux discuter de choses très personnelles

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Je peux discuter de choses très personnelles

Nahom – Erythrée

Arrivé seul en Belgique à 16 ans.



Je suis passé d’Erythrée en Ethiopie, puis au Soudan, en Egypte, en Lybie. En Lybie…c’était très difficile… Ils avaient des armes, et si on disait quelque chose, ils nous tuaient.



Je viens d’Erythrée, j’ai 18 ans. Je suis arrivé en Belgique à 16 ans. Je suis parti de mon pays à cause des problèmes politiques qu’il y a là-bas. Ce n’est pas une démocratie, on ne nous demande pas notre avis. Il n’y a pas non plus d’écoles ou, s’il y a des écoles, il n’y a pas de professeurs. Ça arrive qu’on aille à l’école, mais toute la journée on est enfermé en classe à ne rien faire. Et puis dès qu’on a 18 ans, on doit entrer dans l’armée. C’est un pays dangereux. Il ne reste plus que les parents et les enfants, tous les jeunes sont partis.

Je suis passé d’Erythrée en Ethiopie, puis au Soudan, en Egypte, en Lybie et puis, de Lybie, j’ai été en Italie, puis en France et enfin Belgique. On voyageait parfois en voiture, parfois à pied. On était plusieurs personnes, certaines que je connaissais, d’autres que je ne connaissais pas. En Lybie, c’était très difficile… Ceux qui nous ont amenés dans le désert, ils étaient armés et si on disait quelque chose, ils nous tuaient. Il y avait des femmes avec nous, et ils les prenaient à part et faisaient ce qu’ils voulaient avec elles. Si quelqu’un avait trop soif ou ne savait plus marcher, ils l’abandonnaient. Si quelqu’un voulait s’opposer à ça, ils le laissaient aussi dans le désert.

Pour la traversée vers l’Italie ce n’était pas un bateau, c’était plus … comme un kayak je crois. C’était tout petit, mais avec 400 personnes dessus ou peut-être plus. Je n’ai pas eu trop peur, parce que depuis mon départ j’avais la foi que j’allais réussir ce voyage.
Puis, je suis arrivé en Belgique. Je ne pensais pas que ce serait comme ça. Je ne savais pas comment c’était la Belgique. Au pays, il n’y a pas d’électricité, on a pas de télé, alors on ne sait pas. Quand je suis arrivé, il y avait la pluie, la neige, les interviews de Fedasil, l’attente, … c’était pas évident.
Ce qui est bien en Belgique, c’est qu’il y a des lois. Et puis les gens aussi. C’est pas comme chez nous, ici, ils ne te dérangent pas. Mais en même temps, c’est bizarre aussi, par exemple, les voisins ne se connaissaient pas, ne se parlent pas.

Je viens chez Mentor-Escale depuis huit mois. C’est chouette Mentor-Escale, c’est bien pour moi. Ils m’ont aidé pour pleins de choses… pour tout… J’ai pu me faire beaucoup d’amis, à Mentor, à l’école, … En ce moment, je cherche une formation. Je veux être électricien. Je pense que quand j’aurai réussi mes études, je voudrai fonder une famille.


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