“Etre en contact avec les autres, pour moi c’est trop facile, mais se faire des amis c’est plus difficile. Vous savez quand on arrive en Belgique, on ne connait pas la langue, du coup les difficultés c’est l’école. Imagine par exemple quelqu’un qui n’a jamais été à l’école, et la première année il commence par la quatrième secondaire (pas primaire, pas maternelle !). et ça c’est vraiment dur, ça je savais par exemple que j’allais doubler, j’ai dit plusieurs fois à Madame Olive “cette année, je vais doubler” du coup je dois faire attention pour l’année prochaine, et cette année, jusqu’à maintenant ça se passe bien.
La première chose dont j’ai eu besoin, c’était une assistante sociale qui m’aide, par exemple, étape par étape, pour l’école, dans la vie sociale, dans tout. Et Mentor-Escale ils m’ont aidé à trouver un studio, parce que bientôt, à ce moment là, j’avais 18 ans, j’avais plus le droit de rester en maison sociale. Du coup, après 9 mois, Madame Olive a travaillé dur pour moi, et pour les autres aussi, pas juste pour moi, les autres étrangers, comme moi.
Il y a beaucoup de choses qui se passent, par exemple, dans notre vie “d’étranger”, mais le moment qui m’a le plus marqué c’est quand ma famille est arrivée en Belgique. Par exemple j’ai un petit frère et une petite soeur qui n’ont pas le droit d’aller à l’école dans leur pays, ni en Afghanistan ni en Iran (il n’y a pas de différence). En Iran, parce qu’on est étranger “illégal” on n’a pas le droit d’aller à l’école. Ça c’est pour moi quelque chose qui est important : ma famille a réussi à venir en Belgique et ils ont commencé l’école.
J’ai changé beaucoup de choses dans ma tête depuis mon arrivée en Belgique, il y a beaucoup de choses que je fais tout seul. Par exemple, j’ai appris comment la vie fonctionne exactement, parce que je ne savais pas, quand j’ai quitté ma pays, j’avais à peine 14 ans et 10 mois, j’avais 16 ans quand je suis arrivé en Belgique, et 18 ans à Mentor-Escale. Quand je regarde à moi-même maintenant, il y a eu beaucoup de changements dans ma vie, mais le plus important, c’est que ma famille soit là.”
Ali
